Comment mieux insonoriser un jardin
Nos astuces et conseils pour isoler son jardin du bruit
Un jardin est un véritable atout pour une maison. Véritable havre de paix, il est parfait pour se détendre à l’extérieur et profiter des bienfaits d’un espace de verdure, loin du stress quotidien. Cependant, les bruits environnants, qu’il s’agisse de la circulation, des conversations de voisinage, des aboiements de chiens ou d’autres nuisances sonores telles que les travaux, peuvent troubler votre tranquillité. Une bonne isolation phonique est donc essentielle pour préserver votre bien-être et profiter pleinement de cet espace. Clôtures, murs antibruit, haies végétales, talus ou aménagements aquatiques, notre guide vous présente les différentes solutions acoustiques adaptées à chaque situation et à chaque budget.
Suivez nos conseils pour réduire efficacement les bruits indésirables et retrouver le calme dans votre jardin.
Quels sont les critères de choix pour une insonorisation extérieure efficace ?
Pour une isolation phonique extérieure réellement efficace, plusieurs critères doivent être pris en compte, comme le type de sons ou la configuration de votre jardin. L’esthétique est également à considérer, tout comme la réglementation et, bien sûr, votre budget !
Le type de bruit
Pour une isolation acoustique efficace, il est essentiel de distinguer les deux principaux types de bruit :
Les bruits aériens sont ceux qui se propagent dans l’air. Ils sont émis par des sources telles que les conversations, la musique, les aboiements de chiens, la circulation, les outils de jardinage (tondeuse, etc.) ou les jeux d’enfants. Ils peuvent être atténués par des obstacles tels que des murs, des clôtures, des haies, ou des talus.
Les bruits d’impact sont générés par un choc ou une vibration sur des surfaces solides. Ils peuvent provenir par exemple de bruits de pas sur une terrasse en bois, de chocs de ballons contre un mur ou de travaux de construction voisins.
Plus difficiles à atténuer que les bruits aériens, ils nécessitent des matériaux spécifiques qui absorbent les vibrations comme le béton cellulaire ou les blocs de béton avec isolation phonique. Les talus végétalisés sont également des solutions efficaces.
La topographie du jardin
La topographie de votre jardin joue un rôle essentiel dans l’efficacité de l’isolation phonique. En effet, la configuration du terrain influence la propagation du son et le choix des solutions adaptées.
Sur un terrain plat, les clôtures, haies ou murs sont faciles à installer, mais il est important de bien choisir la hauteur pour une efficacité optimale.
Sur un terrain en pente, les talus végétalisés sont particulièrement adaptés. Les murs de soutènement peuvent également servir de barrières antibruit, mais il est essentiel de mettre en place un drainage pour l’écoulement des eaux de pluie et éviter l’érosion.
Sur un terrain en cuvette, le bruit peut se concentrer dans la cuvette, ce qui nécessite des barrières tout autour et des plantations denses.
L’esthétique
Pour préserver l’harmonie de votre jardin, les solutions d’isolation phonique doivent s’accorder avec le style de votre espace extérieur et de votre maison.
Dans une ambiance moderne, un mur en gabion ou une clôture en aluminium apportera une touche contemporaine et élégante.
Pour un jardin naturel, privilégiez des matériaux bruts, comme une clôture en bois, ou des haies champêtres qui se fondront parfaitement dans le paysage.
Enfin, si vous aimez le charme du classique, optez pour un mur en pierre naturelle aux joints apparents ou une clôture en fer forgé aux volutes raffinées et à l’élégance intemporelle.
La réglementation
Au moment de faire votre choix, veillez à vous renseigner sur les règles d’urbanisme en vigueur.
En effet, le plan local d’urbanisme (PLU) de votre commune peut vous imposer certaines contraintes, comme une distance minimale entre la clôture et les limites de votre propriété, une hauteur maximale pour les murs ou les plantations.
Une autorisation peut également être requise : déclaration préalable ou permis de construire.
Mieux vaut anticiper ces formalités pour éviter toute mauvaise surprise !
Le prix
Le budget est un critère essentiel pour la réalisation de votre projet d’isolation phonique. Les coûts peuvent varier en fonction des matériaux utilisés, de la main-d’œuvre ou encore de la complexité de votre projet.
Par exemple, les haies et les talus sont des solutions économiques, tandis que le mur antibruit représente un investissement plus important.
N’hésitez pas à demander des devis détaillés à plusieurs entreprises pour comparer les solutions et prestations.
Quelles sont les différentes solutions d’isolation acoustique pour le jardin ?
Installation d’une clôture, construction d’un mur antibruit, plantation d’une haie, création d’un talus ou encore aménagement d’un espace aquatique, il existe différentes solutions pour améliorer l’isolation acoustique de son jardin.
Les clôtures
Installer une clôture est une très bonne solution pour réduire les nuisances auditives dans votre jardin.
Elle crée une barrière physique qui bloque et dévie la propagation des ondes sonores, contribuant ainsi à un environnement plus calme.
Pour une insonorisation efficace, optez pour une clôture pleine d’une hauteur minimum de 1,80 m. Plusieurs matériaux sont disponibles, chacun avec des avantages et des inconvénients.
Découvrez toutes les clôtures à composer
Appréciées pour leur authenticité et leur robustesse, les clôtures en bois offrent une bonne isolation phonique, en particulier les modèles à lames épaisses.
Les panneaux brise-vue peuvent atténuer légèrement les bruits aigus, mais ils sont peu efficaces contre les bruits graves (bruits de circulation, par exemple) et les bruits d’impacts.
Découvrez tous les panneaux de clôtures en bois
Pensez à opter pour un bois traité pour un entretien réduit.
Le PVC offre un très bon rapport qualité/prix et une isolation acoustique correcte, mais moins performante que le bois ou le béton, surtout pour les bruits graves.
Il est également plus fragile.
Comme le PVC, l’aluminium ne demande aucun entretien.
Très résistant dans le temps, ce matériau est facilement personnalisable et offre une large variété de coloris et de finitions.
Il se montre toutefois peu performant contre le bruit, mais peut être combiné avec des matériaux absorbants (panneaux de laine de roche, de feutre acoustique ou encore de mousse) pour une meilleure isolation.
Découvrez toutes les panneaux de clôtures en aluminium
Mélange de bois et de polymères, le composite est un matériau offrant de bonnes performances en termes d’isolation phonique et une longue durée de vie.
Facile à entretenir, il se décline en de nombreux styles et coloris, mais son prix est généralement plus élevé que les autres matériaux.
Découvrez toutes les panneaux de clôtures en composite
Enfin, les panneaux en acrylique transparents sont une solution intéressante pour atténuer le bruit sans perdre en luminosité. Moins efficaces contre les bruits d’impact (vibrations), leur efficacité dépend de l’épaisseur et de la densité de l’acrylique.
Pour renforcer l’isolation phonique, végétalisez votre clôture avec des arbustes et des plantes grimpantes. Privilégiez les végétaux persistants, faciles à entretenir, et à la croissance peu rapide. Le lierre est, par exemple, une plante recommandée pour une clôture végétalisée, mais également le jasmin, le chèvrefeuille, ou encore des clématites ou des rosiers grimpants, pour une clôture fleurie à la belle saison.
Les murs
Les murs antibruit sont des structures robustes et durables conçues pour bloquer la propagation des ondes sonores.
Ils offrent une protection acoustique supérieure aux clôtures et aux haies, ce qui en fait une solution idéale pour les jardins situés à proximité de sources de bruit importantes (routes, voies ferrées, aéroports, etc.).
Massif et dense, le mur en briques ou en béton offre une excellente isolation phonique. Il peut être construit en briques pleines, en blocs de béton ou en béton coulé.
Comment monter un mur en brique
Pour une efficacité optimale, il est recommandé d’utiliser des matériaux lourds et denses, et de veiller à l’étanchéité des joints.
Également très massif et dense, le mur en pierres apparentes possède une excellente capacité à bloquer la propagation des ondes sonores. La masse de la pierre absorbe et réfléchit les bruits aériens, réduisant ainsi les nuisances sonores.
De plus, leur surface irrégulière contribue à diffuser et à disperser les ondes sonores. En pierres calcaires, en granit ou encore en schiste, ce type de murs est parfait dans un jardin de style naturel, rustique ou traditionnel.
Les murs en bois offrent de bonnes performances antibruit. Ils sont constitués d’une structure en bois remplie de laine minérale (laine de roche, laine de verre).
L’efficacité des murs en bois dépend toutefois de l’épaisseur des panneaux et de la densité de la laine minérale. Il est important de prévoir des traitements pour protéger le bois contre l’humidité et les insectes.
Enfin, le mur en gabion présente de bonnes performances acoustiques grâce à la masse et à la densité des matériaux de remplissage (pierres, galets ou autres matériaux).
Les gabions sont également appréciés pour leur aspect esthétique et leur facilité d’installation.
Découvrez tous les paniers de gabions
Le bon conseil :
Comme pour les clôtures, recouvrir le mur de plantes grimpantes et de végétation permet de renforcer l’efficacité acoustique.
Cette végétalisation participe aussi à une intégration plus esthétique dans votre jardin.
Les haies et écrans végétaux
Contrairement aux clôtures qui dévient les bruits, les haies et écrans végétaux les absorbent, constituant ainsi une solution naturelle et esthétique pour réduire les nuisances sonores.
Ils sont particulièrement efficaces sur des sons de faible intensité, mais constants, tels que la circulation légère, les conversations ou les bruits de voisinage.
De plus, ils constituent un excellent moyen de cacher un vis-à-vis gênant, tout en offrant un abri à la faune locale, en particulier aux oiseaux.
Il est conseillé alors de choisir une haie à feuillage persistant, qui conservera son aspect et atténuera les bruits tout au long de l’année.
Pour maximiser l’efficacité acoustique de votre haie, optez pour des plantes à croissance rapide et à feuillage dense.
Choisissez également des arbustes déjà grands, afin qu’ils atteignent en peu de temps la hauteur optimale pour une haie, qui est d’environ 2 mètres. Le laurier-cerise, le photinia, l’eleagnus, le houx, le buis, l’if ou encore les thuyas (attention aux allergies) font partie des essences les plus adaptées à cet usage.
Mélangez différentes essences pour apporter une touche esthétique, mais aussi garantir une meilleure résistance aux maladies. L’ajout de plantes grimpantes sur un treillage peut également compléter efficacement l’écran végétal.
Lors de la plantation, il est essentiel de respecter les distances recommandées entre les arbustes, généralement comprises entre 60 cm et un mètre, afin d’anticiper leur développement adulte.
Une disposition en quinconce sur deux ou trois rangs permet d’obtenir une haie plus dense et plus opaque, idéale pour un écran antibruit.
Conservez suffisamment d’espace devant la haie pour pouvoir pratiquer une taille régulière, indispensable au maintien de sa densité et de sa forme.
Avant la plantation, travaillez le sol en profondeur, et enrichissez-le avec du compost pour assurer une bonne reprise des végétaux.
Pour renforcer l’isolation phonique, associez votre haie végétale à d’autres solutions, telles qu’un talus ou une clôture.
Les talus
Les talus, monticules de terre formant une pente, sont d’excellents alliés pour réduire les nuisances sonores dans votre jardin. En plus de dynamiser visuellement votre jardin, ils créent une barrière physique qui absorbe et dévie les ondes sonores, contribuant ainsi à un environnement plus calme et paisible.
Un talus judicieusement placé entre la route et le jardin permet de réduire efficacement les bruits de la circulation. Son aménagement doit respecter quelques conditions pour atténuer efficacement les bruits.
La base du talus doit être suffisamment large par rapport à sa hauteur pour assurer sa stabilité et son efficacité acoustique.
Une base 5 fois supérieure à sa hauteur est un bon point de départ.
Le talus doit être construit entre vos espaces de vie (terrasse, piscine, cuisine d’été, etc.) et la source de nuisance à masquer (route, voisin, etc.).
Pour finir, recouvrir le talus de végétation dense et variée (graminées, arbustes, plantes grimpantes) permet de renforcer son efficacité acoustique et de le stabiliser.
Les aménagements aquatiques
Original et plein de charme, un espace aquatique est également une très bonne astuce pour couvrir un bruit que l’on veut atténuer. Ce sont alors les sons de l’eau qui viennent couvrir des bruits nuisibles comme une route bruyante.
Plusieurs installations aquatiques sont possibles, par exemple la fontaine, la mare ou la cascade.
La fontaine : contemporaine ou classique, elle ajoute une touche d’élégance à votre jardin, sans pour autant prendre beaucoup de place. Une fontaine zen, avec son clapotis apaisant, est idéale pour créer une ambiance relaxante.
La cascade : plus imposante que la fontaine, elle est idéale pour les grands espaces. Elle crée une atmosphère particulière dans votre jardin, et son bruit intense couvre efficacement les nuisances sonores.
La mare : très tendance, elle permet de recréer tout un écosystème dans votre jardin, et offre un charme très pittoresque. Il est même possible de transformer cet espace aquatique en piscine naturelle !
Quelles sont les réglementation et démarches administratives ?
L’installation d’une clôture, d’un mur de séparation ou d’une haie végétale peut être soumise à des règles d’urbanisme spécifiques, qui varient en fonction de la commune et des réglementations locales.
Pour les clôtures
En règle générale, la pose d’une clôture n’est pas soumise à déclaration sauf si la commune a instauré une obligation via son Plan Local d’Urbanisme (PLU) ou si le terrain est situé dans un secteur protégé (site classé, monument historique, zone patrimoniale, etc.).
Dans ces cas, une déclaration préalable de travaux (DP) peut être exigée.
Retrouvez toutes les règles à suivre pour clôturer un terrain
Pour un mur
L’édification d’un mur dépend de sa hauteur. En dessous de 2 m, aucune formalité n’est nécessaire en général. À partir de 2 m, une déclaration préalable de travaux est requise.
Dans un secteur protégé ou avec des règles spécifiques du PLU, un permis de construire peut-être imposé.
Pour une haie
Une haie n’est pas soumise à déclaration puisqu’elle est considérée comme une plantation.
Toutefois, elle doit respecter certaines distances par rapport à la propriété voisine, définies par le Code civil (article 671) : plantation à 50 cm minimum de la limite de propriété pour les arbres et arbustes de moins de 2 mètres de hauteur, et plantation à 2 mètres minimum de la limite au-delà.
Renseignez-vous auprès de votre mairie avant d’engager les travaux, en particulier si votre terrain est situé dans un lotissement ou une zone soumise à des règles spécifiques (PLU, monument historique, site classé).
Vous avez désormais toutes les cartes en main pour mieux insonoriser votre jardin. Et enfin profiter de vos espaces extérieurs comme il se doit !