Choisir une charpente
Les grands critères de choix d’une charpente
Bien choisir sa charpente, c’est garantir la stabilité et la durabilité de toute la maison. Véritable squelette de la toiture, la charpente soutient la couverture (tuiles, ardoises, bac acier…) et assure la bonne répartition des charges sur les murs porteurs. Elle joue aussi un rôle clé dans l’isolation et le confort au quotidien. Traditionnelle, industrielle ou métallique, chaque solution présente ses avantages en termes de prix, de résistance et d’esthétique.
Avant de se lancer, il est donc essentiel de prendre en compte plusieurs critères : le style architectural souhaité, l’aménagement ou non des combles, le climat local, mais aussi les contraintes réglementaires et la performance énergétique exigée par la RE2020.
Quels critères prendre en compte pour choisir une charpente
Il est essentiel de tenir compte des exigences réglementaires et techniques pour assurer à la charpente solidité et efficacité.
Voici les critères de choix incontournables pour sélectionner votre charpente :
Les charges permanentes et temporaires
Les charges permanentes correspondent au poids des matériaux (tuiles, ardoises, isolant, fixations...) que doit supporter l’ossature quotidiennement.
En fonction de cette charge estimée, le matériau retenu ou le type de charpente ne sera pas nécessairement le même.
Les charges temporaires, également appelées charges climatiques, opèrent une pression ponctuelle sur la charpente.
Il s’agit essentiellement du poids de la neige. Dans les régions froides, pour aider la charpente à mieux supporter cette charge, la pente doit être plus accentuée.
Pour bien dimensionner votre charpente, prenez le temps d’évaluer précisément le poids de la couverture et les conditions climatiques de votre région.
Un professionnel saura calculer les charges admissibles et proposer une solution adaptée, qu’il s’agisse de renforcer l’ossature, d’ajuster la pente ou de choisir un matériau plus résistant.
Cette étape est essentielle pour garantir la sécurité et la durabilité de votre toiture.
Le degré de pente
Le choix du degré de pente d’une toiture dépend de plusieurs éléments :
- la zone climatique : la pente doit être adaptée aux vents et aux intempéries ;
- le matériau de couverture : le DTU définit une pente minimale de pose pour chaque matériau. Par exemple, une tuile mécanique nécessite une inclinaison plus forte qu’une ardoise ou qu’un bac acier ;
- le projet architectural et la destination des combles : une pente élevée favorise l’aménagement des combles et améliore la ventilation naturelle, tandis qu’une pente plus douce réduit le volume intérieur exploitable mais peut convenir à des combles perdus
- le PLU ou les Architectes des Bâtiments de France : certaines communes imposent des inclinaisons précises afin de préserver l’harmonie architecturale locale.
Dans le cas d’un toit plat, l’inclinaison doit se situer entre 3 et 24 % pour assurer l’évacuation des eaux de pluies.
En France, on peut distinguer trois grandes zones climatiques (voir schéma ci-dessous) :
• Zone 1 : éloignée du littoral et à faible altitude. Les pentes minimales peuvent être plus faibles, car les toitures sont moins exposées aux vents violents et aux fortes précipitations.
• Zone 2 : intermédiaire. Les toitures doivent présenter une pente intermédiaire pour assurer une bonne évacuation des eaux et limiter la surcharge en neige.
• Zone 3 : littoral et montagne. Dans ces régions très exposées aux intempéries (vents marins, neige, fortes pluies), la pente minimale exigée est plus importante pour garantir l’étanchéité et la longévité de la couverture.
La réglementation
- Le PLU
La charpente est soumise à la réglementation imposée par le PLU (Plan Local d’Urbanisme). Celui-ci fixe les règles esthétiques locales au niveau de la commune.
Ainsi, il faut vous référer au PLU notamment pour le choix de la hauteur et de l’inclinaison de la pente. En l’absence de PLU, c’est le RNU (Règlement National d’Urbanisme) qui s’applique.
- Les DTU et normes européennes
Au-delà du PLU, les charpentes doivent suivre les règles établies par les DTU (Documents Techniques Unifiés) et les normes européennes :
• DTU 31.1 : charpentes en bois traditionnelle ;
• DTU 31.2 : maisons et bâtiments à ossature en bois ;
• DTU 32.1 : charpentes et ossatures en acier ;
• Eurocode 5 (NF EN 1995-1-1) – calcul des structures en bois, y compris les assemblages modernes et la résistance au feu (NF EN 1995-1-2) ;
• Pour les questions de résistance au feu, le DTU BF 88 (P92-703) reste une référence historique, mais il est largement supplanté dans les nouveaux projets par les Eurocodes et normes nationales d’application obligatoire.
- La RE2020
Depuis le 1er janvier 2022, la RE2020 (Réglementation Environnementale 2020) s’applique à toutes les constructions neuves.
Elle impose des exigences renforcées en matière d’isolation thermique, de performance énergétique et de réduction de l’empreinte carbone des bâtiments. Concrètement, cela signifie que le choix de la charpente et des matériaux associés (bois, métal, béton, isolants) doit prendre en compte leur impact environnemental, mesuré par l’analyse de cycle de vie (ACV). Le bois et les solutions mixtes bois/métal sont ainsi souvent privilégiés pour leur faible empreinte carbone et leur rôle dans le stockage du CO₂.
La RE2020 insiste aussi sur le confort d’été : la charpente doit permettre une isolation performante et une bonne ventilation afin d’éviter les surchauffes.
Les différents matériaux de charpente
Voici les principaux matériaux de charpente
• Le bois : c’est le matériau le plus répandu en maison individuelle. Apprécié pour sa légèreté et sa facilité de mise en œuvre, il offre aussi de bonnes qualités isolantes et un rendu esthétique chaleureux. Certaines essences, comme le chêne ou le douglas, sont particulièrement durables et résistantes. En revanche, une charpente en bois doit être protégée contre l’humidité et les insectes xylophages, grâce à des traitements adaptés et à un entretien régulier.
• Le métal (acier, aluminium) : très utilisé pour les bâtiments agricoles, industriels ou à grande portée, il se distingue par sa robustesse et sa capacité à couvrir de larges surfaces sans appuis intermédiaires. Cependant, ces structures doivent être protégées contre le feu (peinture intumescente, flocage) et nécessitent des traitements spécifiques contre la rouille.
• Le béton : rarement employé en maison individuelle, il est choisi dans certaines constructions modernes ou pour des toitures plates. Il présente une grande solidité et une bonne résistance au feu. En revanche, son poids élevé impose une mise en œuvre lourde et des fondations adaptées. Peu isolant par nature, il doit toujours être associé à un isolant performant. Son empreinte carbone importante en fait aussi un matériau moins en phase avec les exigences environnementales actuelles.
• Les solutions mixtes : elles associent deux matériaux pour combiner leurs avantages (le plus souvent bois et métal). Ces charpentes hybrides sont particulièrement intéressantes pour les projets sur mesure, mais elles sont plus techniques et généralement plus coûteuses à réaliser.
La destination des combles
Si vous désirez ou non aménager vos combles, le choix de la pente et du type charpente en sera impacté. Ainsi, une charpente traditionnelle est parfois préconisée pour l’aménagement de combles.
Dans le cas de la charpente à fermettes, l’aménagement doit être prévu en amont du choix de la charpente !
Si vous souhaitez aménager vos combles, la pente de toit doit également être pensée pour permettre de fournir une hauteur sous plafond correcte.
Les types de charpente
On distingue 4 types de charpente : la charpente traditionnelle, la charpente à fermettes, le toit plat et la charpente métallique.
- La charpente traditionnelle
C’est celle que l’on trouve dans toutes les constructions anciennes. Il s’agit d’une charpente artisanale, constituée d’éléments réalisés sur-mesure.
• Avantages
La charpente traditionnelle offre plus de liberté architecturale dans les dimensions et dans les styles. Elle permet également d’aménager les combles.
• Limites
Elle est plus coûteuse car elle nécessite une grande quantité de bois. De plus, son installation est assez complexe.
- La charpente à fermettes
Il s’agit d’une charpente industrielle. Elle est aujourd’hui la plus répandue, avec environ 80 à 90 % des nouvelles constructions. Sa structure comprend des ensembles appelés fermettes préassemblés par des connecteurs métalliques.
• Avantages
La charpente à fermettes est légère et facile à installer pour une très bonne résistance.
• Limites
Étant standardisée, cette charpente ne permet pas de personnalisation. D’autre part, il est difficile d’y aménager des combles sans réaliser de lourds travaux car sa structure difficilement modulable laisse peu d’espace.
- Le toit plat
Le toit plat est de plus en plus plébiscité dans les constructions modernes car il permet notamment son aménagement en terrasse.
Il existe plusieurs types de toits plats :
• toiture inversée : cette toiture est composée d’une couche d’étanchéité, puis d’un isolant et d’un lestage pour stabiliser (gravier ou dalle) ;
• toiture verte : toiture végétalisée sans accès ;
• toiture-jardin : toiture accessible et aménageable en jardin ;
• toit-terrasse : toiture non-végétalisée, accessible et aménageable.
• Avantages
Ce type de toit au style moderne est surtout apprécié pour ses atouts sur le plan énergétique. En effet, grâce à sa faible prise au vent, il y a moins de déperdition d’énergie, surtout s’il s’agit d’un toit végétalisé encore mieux isolé. Cette charpente permet également de créer une pièce sous toiture ou de disposer d’un espace supplémentaire pour une terrasse ou un jardin.
• Limites
Le toit plat exige d’importants travaux pour garantir une bonne étanchéité et une bonne isolation, ainsi qu’un entretien régulier. Par ailleurs, il n’est pas possible d’envisager ce genre de toit partout en France.
- La charpente métallique
Si la charpente métallique reste souvent associée à des constructions industrielles, elle peut aussi être utilisée pour des maisons individuelles. Cependant, cela reste rare.
Elle se compose d’acier laminé et comprend les mêmes éléments structurels qu’une charpente standard. Fabriquée en usine, elle est livrée en kit.
• Avantages
La charpente métallique s’installe simplement et rapidement et autorise des formes architecturales plus ambitieuses puisque l’acier laminé est plus souple que le bois. De plus, elle ne nécessite pas de traitements contre les termites ou les champignons.
• Limites
Cette charpente exige une précision dans les calculs ainsi qu’un traitement antirouille, anticorrosion et ignifuge (qui rend incombustible). En effet, contrairement aux idées reçues, elle est plus sensible au feu et moins isolante que le bois de charpente.
Quel budget prévoir pour une charpente ?
- Les critères qui impactent le prix d’une charpente
Le coût d’une charpente dépend de plusieurs critères :
• La surface et la complexité de la toiture : un toit simple à deux pans est moins coûteux qu’une toiture avec lucarnes, décrochés ou noues.
• Le matériau choisi : bois massif, fermettes, métal ou béton n’impliquent pas les mêmes coûts.
• La technique d’assemblage : traditionnelle (tenon-mortaise, embrèvement) ou industrielle (connecteurs métalliques).
• Les contraintes réglementaires : pente imposée par le PLU, isolation renforcée par la RE2020, normes de sécurité.
• La main-d’œuvre locale : les tarifs varient selon la région et le savoir-faire nécessaire.
- Le prix moyen des différents types de charpentes
En 2025, les prix moyens constatés se situent dans les fourchettes suivantes :
• Charpente traditionnelle en bois : entre 90 et 150 €/m², selon l’essence choisie et la complexité de l’ouvrage ;
• Charpente à fermettes : entre 60 et 100 €/m² ;
• Charpente métallique : entre 90 et 120 €/m² ;
• Toit plat : entre 100 et 150 €/m², en raison des exigences d’étanchéité et de la solidité nécessaire pour supporter d’éventuelles charges supplémentaires (isolation renforcée, végétalisation, panneaux solaires).
L’intervention d’un professionnel
La charpente est l’ossature porteuse de la maison : sa mise en œuvre ne s’improvise pas.
Qu’il s’agisse d’une construction neuve ou d’une rénovation, le recours à un professionnel garantit la sécurité et la conformité du chantier.
- Pourquoi faire appel à un charpentier ?
• Sécurité et solidité : une charpente mal dimensionnée ou mal assemblée peut fragiliser tout le bâtiment.
• Conformité aux normes : les DTU et Eurocodes définissent des règles précises que seul un pro maîtrise.
• Solutions adaptées : un charpentier peut conseiller sur la solution technique la plus pertinente en fonction du budget, du climat et de la destination des combles.
• Durabilité : un professionnel s’assure que la charpente résistera dans le temps et proposera des solutions d’entretien adaptées.
- Le devis, une étape clé
Avant d’entamer des travaux de charpente, demander un devis détaillé est indispensable. Ce document doit préciser le type de charpente prévu, les matériaux utilisés, la main-d’œuvre nécessaire et les délais de réalisation. Il doit également mentionner les garanties associées, gages de sécurité et de conformité aux normes en vigueur (DTU, Eurocodes, RE2020).
Comparer plusieurs devis permet de mieux évaluer le rapport qualité/prix et de trouver la solution la plus adaptée à votre budget et à vos besoins.
C’est aussi l’occasion de poser des questions aux professionnels et de vérifier que l’ossature proposée correspond bien à la configuration de votre maison et aux contraintes climatiques locales !
Zoom sur l’assemblage de la charpente
Selon les éléments, le type de charpente, l’angle du bois et la pression qu’il peut supporter, les modes de fixation varient. Voici quelques exemples de fixations possibles.
- Fixation par tenon et mortaise
Cette fixation consiste à emboîter le tenon, pièce de bois de l’élément supérieur, dans la mortaise, encoche réalisée dans la pièce de bois inférieure.
Peu répandue aujourd’hui, elle concerne surtout les projets de rénovation.
Cet assemblage est essentiellement utilisé pour les contrefiches, les jambes de force, les têtes d’arbalétriers ou les solives.
- Fixation par embrèvement
Cet assemblage repose sur une entaille réalisée dans une pièce de bois recevant l’extrémité d’une autre pièce de bois.
Cette fixation permet de répartir la pression entre les 2 éléments en bois.
- Fixation par assemblage moisé
Une pièce de bois est maintenue par 2 autres, appelées moises. Pour assurer le maintien, on utilise des boulons et pointes.
Parfois, les différents éléments sont entaillés puis emboîtés entre eux afin de garantir une meilleure tenue.
- Fixation par enture
Avec cette fixation, 2 pièces sont placées dans le prolongement l’une de l’autre.
L’enture de continuité mi-bois comporte des angles droits et est généralement utilisée pour les pannes sablières situées au-dessus des murs.
Pour les pannes, chevrons, sablières sur poteaux et faîtages, la coupe à sifflet correspond à une enture réalisée en biais.
- Fixation par enfourchement
Cet assemblage correspond à une pièce de bois horizontale s’encastrant dans une poutre ou un poteau porteur.
La pièce porteuse verticale doit être suffisamment large pour garantir sa stabilité et sa résistance.
- Fixation par connecteur métallique
Elle est utilisée à l’origine sur les charpentes à fermettes, mais aujourd’hui élargie aux constructions traditionnelles.
Elle est réalisée par un connecteur en acier troué qui permet le maintien entre les éléments de bois.
Elle peut également venir en complément pour renforcer un autre type d’assemblage.
Les élément métalliques disponibles pour réaliser ces assemblages s’adaptent aux situations : platine, équerre, support en U, ancre...