Comment faire un ragréage
Réaliser le ragréage d’un sol intérieur
Dans un chantier de rénovation d’un sol, le ragréage est une étape indispensable avant la pose du nouveau revêtement. Qu’il s’agisse d’un support brut, d’un ancien carrelage ou même d’un parquet en bois, ragréer le sol permet d’obtenir une surface lisse et plane qui facilite les travaux de pose.
S’il existe différents types de ragréages en fonction de l’épaisseur des défauts et des différences de niveau, l’application ne diffère que par quelques détails de préparation et de finition. Préparation, nettoyage et mise en place du produit sont accessibles à un bon bricoleur à condition de respecter quelques conseils et astuces.
Notre guide vidéo vous explique comment ragréer un sol intérieur en 3 étapes.
Comment ragréer un sol intérieur ?
Les étapes de ragréage d’un sol intérieur
Notre guide vidéo vous explique en détail comment ragréer un sol intérieur en 3 étapes :
1. Préparer la surface
2. Poser le primaire d’accrochage
3. Appliquer le ragréage
> Découvrez le pas-à-pas détaillé pour ragréer un sol intérieur
Quel produit de ragréage choisir ?
Il existe 2 grands types de ragréages dont le choix est lié à 2 critères principaux : le confort des travaux et l’épaisseur des défauts.
Le ragréage autolissant ou autonivelant est un mortier liquide que l’on verse sur le sol et qui s’étale tout seul grâce à sa grande fluidité.
Il se nivelle naturellement et forme une surface lisse après séchage. Dans la pratique, le produit autolissant était un peu différent du ragréage autonivelant destiné à une couche plus épaisse, mais aujourd’hui les 2 mortiers sont souvent confondus sous la même appellation.
Ce mortier peut s’appliquer aussi bien dans une cuisine, une douche, une salle de bains qu’à l’extérieur.
Dans ce dernier cas, vous devrez choisir le produit adapté. Il est destiné à combler des différences de hauteur d’environ 1 à 2 mm jusqu’à 20 à 25 mm maximum, selon le fabricant.
Découvrez tous les ragréages autolissants
Le ragréage fibré est plus adapté à des supports présentant des irrégularités plus importantes, jusqu’à 40 mm environ.
De plus, la présence de fibres permet une utilisation sur des sols abîmés ou déformables, les planchers chauffants et à l’extérieur.
D’une consistance assez liquide, il est parfois également autolissant ou autonivelant.
Il n’est pas adapté à une couche trop fine inférieure à 3 mm.
Découvrez tous, les ragréages fibrés
Au-delà de défauts supérieurs à 4 cm, il est préférable de réaliser une chape ou d’opter pour des produits de ragréage spécifiquement adaptés à une épaisseur de ce type.
Sur quel support appliquer un ragréage ?
La plupart des sols acceptent un ragréage à l’exception de la moquette, des supports humides ou instables. Une couche d’adhérence permet de l’adapter à des sols poreux, lisses ou en bois.
Ainsi il est possible de rénover un sol en parquet, de ragréer une dalle de béton, un carrelage céramique ou un sol de douche à l’italienne. Avec des travaux de préparation adaptés, ces travaux sont également réalisables sur de l’OSB, une chape et même des dalles de vinyles bien fixées.
Pourquoi appliquer une primaire d’adhérence avant un ragréage ?
Lorsque l’on veut rénover un sol, ce produit d’un faible coût et simple d’application est une assurance indispensable à la réussite de votre chantier pour 3 raisons essentielles.
- Réguler la porosité
La résine empêche le sol d’absorber l’eau du ragréage avec l’effet buvard.
Sans elle, le mortier sèche trop vite, perd sa résistance technique et part en poussière.
De plus, quand le mortier humide pénètre un sol poreux, il en chasse l’air. Cet air remonte et crée des fissures et des trous en surface.
Le primaire bloque le support pour éviter cela.
- Favoriser l’adhérence
La résine crée un lien d’adhérence même avec des poussières restantes.
Ce qui évite un décollement futur et améliore la cohésion entre les 2 couches comme la tenue dans le temps.
Cela améliore la résistance aux contraintes mécaniques.
- Uniformiser la résistance du support
En comblant les joints d’un carrelage ou d’un parquet en bois, la résine homogénéise la surface.
Elle permet ainsi d’éviter les différences d’absorption entre des zones poreuses ou fermées et offre une surface uniforme pour le mortier de ragréage.
Quand installer une bande de désolidarisation avant le ragréage ?
Parfois, il est conseillé de désolidariser la couche de ragréage des murs adjacents. En réalité, cette étape n’est pas systématique et ne concerne que certains chantiers.
Sur un plancher chauffant ou un sol déformable comme un plancher en bois, la désolidarisation évite les fissures liées à la dilatation et aux micromouvements.Lorsque la couche de mortier dépasse 20 mm, il est préférable de désolidariser le ragréage des murs, car le retrait de l’eau dans un grand volume de produit peut créer des fissures.
Pour la même raison, il est préférable de désolidariser les parties pour une grande surface (>40 m²) ou une grande longueur (>8 m), et à l’extérieur
Pour réaliser cette désolidarisation, il est possible d’appliquer une bande spécifique. Certains professionnels du carrelage déposent un cordon de silicone sur toute la périphérie pour éviter de poser une bande parfois difficile à maintenir sur un support irrégulier.
Ragréer un sol intérieur en 3 étapes
- Quels sont les outils et les fournitures indispensables pour effectuer un ragréage ?
Notre guide vidéo détaille le ragréage dans une pièce dont le sol présente une différence de hauteur avec la pièce adjacente. Pour réaliser ce type de chantier, vous devrez notamment prévoir les outils suivants :
- Du ragréage autolissant
- Un grattoir triangulaire
- Une perceuse à percussion ou un perforateur
- Du silicone transparent
- De l'adhésif de masquage
- Un primaire d'accrochage
- Un rouleau spécial sol
- Un bac à peinture
- Des tasseaux
- Une perche télescopique
- Un malaxeur hélicoïdal
- Un platoir flamand
- Un rouleau débulleur
- Une poubelle à gravats
Pensez aussi aux équipements de protection individuelle (gants, genouillères…)
- Avant de commencer
Ciment, béton, carrelage, plancher, toutes les surfaces rigides peuvent être ragréées.
Le choix de l’enduit de ragréage s’effectue donc en fonction de la taille des défauts et irrégularités à combler et du confort de travail. Pour vérifier la hauteur à ragréer, posez une règle de maçon sur les irrégularités les plus importantes, puis mesurez la hauteur entre le sol et la règle.
Dans notre cas, les défauts de niveau n’excèdent pas 2 cm. Nous allons donc appliquer un ragréage autolissant.
La bonne info
La quantité de ragréage consommée indiquée par le fabricant correspond à une épaisseur précise. Or les irrégularités sont variables et difficiles à évaluer en moyenne.
Fiez-vous donc à la valeur la plus haute par défaut pour estimer la quantité minimum de produit à acheter.
Puis, prévoyez toujours plus d’enduit que nécessaire, d’autant que Castorama propose un service de reprise de sacs non utilisés.
Ce type de travaux doit être réalisé en une seule fois et ne peut souffrir d’une pause faute de produit.
- Étape 1 : préparation de la surface
Pour préparer la surface, vérifiez que les bords des fissures sont bien solides.
Si ce n’est pas le cas, grattez-les avec un grattoir afin d’enlever les parties friables.
Sur un ancien revêtement, une chape ou une dalle de béton, veillez à éliminer les plus gros défauts.
Souvent, une simple spatule suffit, mais dans certains cas vous pourrez être amené à poncer le support.
Dans notre pièce qui est adjacente à une autre, le ragréage doit s’arrêter à la porte. Cela peut être le cas si vous choisissez de poser un carrelage d’un côté et un revêtement souple de l’autre. Par exemple, du carrelage dans la salle de bains et du parquet flottant dans la chambre attenante. Dans ce cas, la pose d’une sous-couche peut suffire.
En savoir plus sur la préparation d’un sol avant la pose d’un revêtement
Dans notre exemple, la zone à ragréer est délimitée en fixant des tasseaux au sol au niveau des ouvertures.
Posez un joint en silicone devant les tasseaux afin d’éviter les fuites du produit en dessous.
Pour ce type de délimitation, vous aurez besoin d’outils tels qu’un perforateur, des chevilles et donc du mastic silicone.
Puis passez l’aspirateur pour débarrasser le sol de toute poussière et permettre au primaire d’accrochage de bien adhérer.
Si vous constatez la présence de taches grasses ou de résidus de colle ancienne, utilisez un dégraissant ou des produits adaptés pour les éliminer.
Dans ce cas, attendez le séchage complet avant de passer à l’étape suivante.
Enfin, collez de l’adhésif de masquage au bas des murs pour les protéger.
Protégez également vos tuyaux de chauffage et d’eau chaude par des gaines afin que le ragréage n’empêche pas leur dilatation.
Sur un plancher chauffant, un parquet en bois ou pour une grande surface, veillez également à appliquer une bande de désolidarisation sur toute la périphérie.
Dans notre cas, les travaux s’effectuent sur une dalle de béton brute dans une petite pièce, ce type de désolidarisation n’est pas nécessaire.
- Étape 2 : application du primaire d’adhérence
Avant de réaliser le ragréage, appliquez un primaire d’accrochage.
Il va réguler la porosité de la surface, faciliter le lissage du ragréage et éviter que des bulles n’apparaissent en surface.
Versez-le dans un bac à peinture.
Chargez abondamment un rouleau à peindre fixé sur une perche télescopique.
Appliquez le primaire d’accrochage sur toute la surface, en commençant par le côté opposé à la sortie.
Pour recouvrir le support uniformément, réalisez des passes croisées, dans un sens et dans un autre.
Veillez à bien couvrir les parties creuses du sol. Une fois le sol recouvert, respectez le temps de séchage indiqué sur la notice de votre produit.
- Étape 3 : réalisation du ragréage
Commencez par préparer le ragréage dans un grand seau ou une poubelle de chantier.
Versez tout d’abord la quantité d’eau indiquée sur la notice de votre produit puis versez progressivement la poudre de ragréage dans votre récipient.
Ne dépassez pas le volume d’eau indiqué pour obtenir l’effet autonivelant et autolissant.
Le liquide ainsi formé possède les caractéristiques exactes pour bien se niveler seul, sans trop couler. Respectez donc scrupuleusement les indications de la notice.
Ensuite, mélangez le tout avec un malaxeur à perceuse, jusqu’à ce que le liquide soit homogène et bien lisse. Laissez reposer 3 à 4 minutes afin que les bulles d’air remontent et se dissolvent à la surface.
Idéalement, il existe des outils adaptés au mélange de ce type de produit.
En effet, un malaxeur à pales droites crée moins de bulles qu’un malaxeur de colle à carrelage, par exemple.
Pour pallier ce désagrément, veillez à utiliser une vitesse lente de malaxage et à bien laisser reposer.
Versez le mélange au sol, sur 1 à 2 m², du côté opposé à la sortie. Pour la suite du chantier, il est bien de se faire aider pour préparer du produit tandis que vous pourrez recouvrir le sol et étaler le ragréage.
En effet, le temps ouvert, c’est-à-dire le temps pendant lequel vous pouvez utiliser le ragréage avant qu’il ne commence à épaissir, ne dépasse pas 30 minutes généralement.
À deux, vous évitez les ruptures d’enduit et vous obtenez une finition plus homogène sans risques de différences de consistance.
C’est particulièrement important pour les grandes surfaces (> 20 m²) où le temps compte.
Répartissez l’enduit de ragréage avec un platoir flamand. Effectuez des mouvements circulaires afin de couvrir la zone uniformément.
L’outil ne sert pas à lisser, il est utile pour pousser le mortier liquide vers les zones à recouvrir. Comme il est autonivelant, il se répartit lui-même sur la surface.
Vous disposez de 30 minutes avant que le mélange n’épaississe.
Utilisez-le dans ce laps de temps afin de lui permettre de se lisser et de se niveler de lui-même.
Faites préparer le mélange suivant pendant que vous appliquez une nouvelle couche de ragréage.
Versez le nouveau mélange sur le sol et étalez-le sur une nouvelle zone de 1 à 2 m², en couvrant partiellement la précédente zone.
Pour obtenir une finition parfaite lorsque le sol est totalement recouvert, vous pouvez passer le rouleau débulleur sur toute la surface.
Il fait remonter les éventuelles bulles d’air emprisonnées dans le ragréage.
Dans ce cas, il existe des chaussures à clous ou des patins pour ne pas abîmer le produit frais, sinon une longue perche télescopique peut suffire.
Enfin, respectez le temps de séchage indiqué par le fabricant. Puis, retirez l’adhésif de masquage à l’aide d’un cutter.
Dans le cas de la présence d’une bande périphérique de désolidarisation, arasez de la même manière le surplus après avoir posé le revêtement et avant de fixer les plinthes.
Enfin, retirez les tasseaux au niveau des ouvertures.
Parfaitement lissée, votre surface est prête à recevoir votre nouveau revêtement de sol. Le ragréage est une étape indispensable pour garantir la durabilité de votre pose et éviter les défauts de planéité.
Avec les bons outils et en suivant ce pas-à-pas, vous obtiendrez un sol parfaitement plat prêt pour du carrelage, par exemple.
Pour poursuivre votre chantier sereinement, vous pouvez suivre d’autres conseils pour préparer la pose de carrelage.