Comment faire des fondations
Comment réaliser les fondations d’un mur ou d’une maison
Avant de poser la première pierre, il faut commencer… par creuser !
Que vous construisiez une maison, un garage, une extension, une dalle béton ou un simple muret, les fondations sont la base de toute construction durable. Mal réalisées, elles peuvent entraîner fissures, affaissements ou instabilités. Bien exécutées, elles assurent la longévité et la solidité de votre ouvrage.
Mais par où commencer ? Quel type de fondations choisir ? Et surtout, comment les faire soi-même, étape par étape, sans rien oublier ? Dans cette fiche, on vous guide pas à pas : étude de sol, traçage, ferraillage, coulage du béton… jusqu’au décoffrage final. Tout ce qu’il faut savoir pour un chantier serein et maîtrisé.
Les bons conseils pour réussir des fondations
Peut-on faire ses fondations soi-même ?
Oui, c’est possible !
Si vous êtes un bricoleur averti, vous pouvez tout à fait réaliser des fondations sur un terrain stable.
En particulier s’il s’agit d’un petit ouvrage (terrasse, mur, abri de jardin, etc.). Il vous faudra :
• du matériel adapté ;
• un plan précis ;
• et un peu d’huile de coude !
En revanche, pour des projets plus complexes (fondation maison, extension lourde, terrain en pente ou argileux), mieux vaut faire appel à un professionnel. Une étude de sol peut même être obligatoire.
L’étude de sol
Dans certains cas, il est essentiel de réaliser une étude de sol avant de commencer les travaux de fondation.
- Qu’est-ce que l’étude de sol ?
L’étude de sol (ou étude géotechnique) consiste à analyser la nature du terrain pour identifier d’éventuels risques :
- sol instable,
- argiles gonflantes,
- humidité, etc...
Grâce à des sondages in situ, des essais en laboratoire et une investigation documentaire, elle permet de déterminer le type de fondations le mieux adapté à votre projet.
Résultat : une construction plus sûre, un risque de fissures ou d’affaissement réduit, et parfois même une économie sur les travaux en évitant des fondations surdimensionnées.
- Quand est-elle obligatoire ?
Depuis la loi ÉLAN, une étude de sol est obligatoire dans les cas suivants :
• lors de la vente d’un terrain constructible situé en zone à risque moyen ou fort de retrait-gonflement des argiles (zones RGA), une étude préalable (G1 PGC) doit être annexée à la promesse ou à l’acte de vente ;
• avant la construction d’une maison individuelle ou d’une extension de plus de 20 m² dans ces mêmes zones, une étude de conception (G2) est obligatoire avant le dépôt du permis de construire.
En dehors de ces obligations, elle reste fortement recommandée. En particulier si :
• le terrain présente une pente, un remblai ancien ou des zones mal drainées ;
• la nature de la végétation laisse penser à une humidité excessive (roseaux, mousse abondante, arbres aux racines très superficielles) ;
• les constructions voisines présentent des fissures anormales, des affaissements ou des déformations visibles, signes possibles d’un sol instable ou argileux.
- Quel professionnel contacter ?
Ce type d’étude est réalisé par un bureau d’études géotechnique, certifié selon la norme NF P94-500.
Ces professionnels disposent de l’expertise et du matériel pour effectuer les sondages et vous fournir un rapport détaillé.
• Les études G1 coûtent en moyenne entre 600 et 1 200 € (à la charge du vendeur).
• Les études G2 coûtent en moyenne entre 1 500 et 2 500 € (à la charge du maître d’ouvrage).
• Elles restent valables plusieurs années si le terrain n’est pas modifié.
Quels sont les 13 étapes clés pour réussir vos fondations ?
Quel que soit le type de fondation, la mise en œuvre reste la même. Apprenez à faire des fondations en 13 étapes.
Étape 1 : Préparer les outils et le matériel pour faire des fondations
Les outils à prévoir sont :
- Une pelle
- Une pioche
- Une brouette
- Une truelle
- Une règle de maçon
- Un niveau à bulle
- Optionnel mais pratique : Un niveau laser
- Un cordeau de traçage
- Des piquets
- Un traceur de chantier
- Une scie à bois
- Ou une scie circulaire
- Un marteau
- Une auge
- Un seau
Pour le matériel spécifique :
- Une bétonnière
- Ou du béton en sac prêt à l'emploi
- Des planches de coffrage
- Des armatures métalliques (treillis soudés, barres à béton)
- De bâches
N'oubliez pas de vous équiper d'élements de protection individuelle.
Le béton est un matériau corrosif. Il est essentiel de se munir d’un équipement de protection pour le manipuler : gants, lunettes, masque, vêtements adaptés.
Étape 2 : Débroussailler
Commencez par enlever les broussailles, arbustes, plantes et arbres qui se trouvent sur l’emplacement concerné.
Comment utiliser une débroussailleuse
Attention aux racines profondes : elles doivent être extraites complètement pour éviter les tassements.
Étape 3 : Décaisser la terre végétale
Après avoir procédé à un pré-traçage de l’emplacement de la future construction, une première couche doit être retirée sur 30 à 40 cm de profondeur.
Mettez cette terre en dépôt car elle resservira à la fin du chantier.
Suivant la surface de votre fondation, il est parfois préférable de choisir de louer une mini-pelle professionnelle pour gagner du temps et se faciliter la vie.
N'hésiter pas à faire appel à notre service de location de matériel en partenariat avec Loxam, aussi bien pour la location d'une mini-pelle que pour la location de la bétonnière ou d'autres outils.
La délimitation de l’implantation se fait grâce à des piquets plantés dans le sol et reliés entre eux par un cordeau.
Il suffit ensuite d’opérer un marquage au sol le long de la corde grâce à un traceur de chantier.
Utilisez les niveaux à bulle ou laser pour garantir l’horizontalité des repères.
Le tracé doit être légèrement décalé par rapport à la localisation réelle des fondations afin de ne pas être effacé après avoir creusé.
Étape 5 : Établir le fond de fouille
Les fouilles désignent le creusement réalisé pour implanter les fondations après avoir enlevé la couche superficielle de terre.
Elles permettent donc d’atteindre un sol hors gel et suffisamment stable. Celui-ci est appelé « fond de fouille ».
Pour des fondations superficielles, les fouilles sont réalisées :
• à l’emplacement des poteaux pour des semelles isolées ;
• en tranchées pour les semelles filantes ;
• sur toute la surface pour le radier.
Afin de travailler sur une base propre et nette, la première couche de béton (béton de propreté) doit être coulée dans les 48 heures suivant la réalisation des fouilles.
En cas de pluie ou d’eau stagnante, il est nécessaire d’évacuer l’eau et de nettoyer le fond avant de couler.
Étape 6 : Réaliser le coffrage du béton
Le coffrage est réalisé avec de simples planches de bois sciées aux bonnes dimensions et fixées les unes aux autres.
Il peut éventuellement être maintenu à l’aide de piquets en bois.
Il faut raidir le coffrage suffisamment solidement pour qu’il résiste à la pression du béton lors du coulage.
Les tranchées destinées à accueillir d’éventuelles canalisations doivent être effectuées avant de couler le béton.
Étape 7 : Couler le béton de propreté
Il s’agit d’une première couche de béton de 5 à 10 cm, coulée sur le fond de fouille.
Il permet de mettre en place les fondations sur une surface propre, plane et stable.
Il contribue également à la solidité de la construction en protégeant les armatures de l’humidité.
Pour vous aider, nous mettons à votre disposition un calculateur pour définir la quantité de matériaux (sable, gravier, sable, eau) dont vous aurez besoin pour fabriquer le béton nécessaire à vos fondations.
Si la quantité de béton nécessaire est très importante, vous pouvez faire appel au service de livraison à domicile par toupie béton. Le béton est livré prêt à l'emploi, et vous épargne la corvée de la bétonnière et de la brouette. Renseignez-vous auprès de votre magasin qui vous indiquera s'il propose ce service.
Étape 8 : Installer le ferraillage
Le bon positionnement du ferraillage est essentiel : il garantit la résistance à la compression et à la flexion.
Les armatures destinées à armer le béton doivent être installées au milieu des coffrages avant de couler le béton.
Elles doivent être entourées sur chaque côté d’au moins 3 cm de béton (et 5 cm en bord de mer).
Pensez donc à utiliser des cales afin de les surélever par rapport au béton de propreté.
Étape 9 : Couler le béton
Le coulage du béton doit se faire en une seule fois, pour ne pas lui laisser le temps de sécher.
Prévoyez la bonne quantité en amont pour éviter les interruptions, et utilisez si possible un vibreur pour éliminer les bulles d’air.
Étape 10 : Lisser le béton
Cette opération permet d’obtenir une surface plane à l’aide d’une truelle ou d’une règle métallique.
Pour les radiers, mieux vaut procéder à 2 passes afin d’obtenir un lissage bien régulier.
Cette étape est cependant inutile avec un béton autonivelant.
Attention à ne pas lisser trop tôt : le béton doit commencer à tirer.
Étape 11 : Effectuer la cure du béton
Les produits de cure chimique s’appliquent par pulvérisation à la surface du béton.
Ils permettent d’éviter que le béton ne s’assèche trop vite pendant sa prise, au risque de créer des fissures.
Leur utilisation est fortement recommandée pour préserver la qualité et la durabilité du béton.
À défaut de produit de cure, couvrez le béton avec une bâche ou arrosez-le régulièrement pendant les premiers jours.
Étape 12 : Le séchage du béton
Selon la norme NF EN 206-1 applicable au béton, le temps de prise est de 28 jours. Il est important de respecter ce délai avant de poursuivre les travaux.
En effet, le béton a besoin de près d’un mois pour atteindre sa résistance maximale.
Si le temps est froid, le temps de séchage peut être allongé. Il est possible de couvrir le béton pour conserver une température de séchage plus clémente. Au contraire, en période de forte chaleur, il faut protéger le béton pour éviter une évaporation trop rapide.
Étape 13 : Le décoffrage du béton
Le décoffrage du béton est à effectuer à l’issue du séchage complet du béton. En pratique, cette opération peut souvent se faire dès le 3ᵉ jour, mais le béton continuera de durcir jusqu’au 28ᵉ jour.
Attendez le durcissement complet avant de construire dessus.
Nos conseils pour réussir vos fondations
Une fondation bien réalisée, c’est la garantie d’une construction stable et durable. Voici quelques conseils pratiques pour éviter les erreurs les plus courantes et gagner en sérénité sur le chantier.
🌦️ Anticiper la météo
Évitez de couler le béton en cas de pluie, de gel ou de fortes chaleurs :
• en cas de pluie : l’eau peut diluer le béton et fragiliser sa prise ;
• en période de gel : le béton risque de fissurer avant même d’avoir durci ;
• en cas de chaleur excessive : le béton peut sécher trop vite, et donc mal durcir et fissurer.
⚖️ Bien doser le béton
Un bon béton, c’est un bon dosage !
L’idéal est de faire livrer une toupie de béton. Mais si vous souhaitez le réaliser vous-même, respectez les proportions eau / ciment / sable / gravier préconisées pour votre type de chantier.
Pour des fondations, on utilise généralement 400 kg de ciment pour 1 m3 de béton.
Utilisez notre calculateur de quantité
Attention : trop d’eau rend le béton plus facile à couler… mais beaucoup moins résistant à long terme !
📏 Vérifier la planéité à chaque étape
Utilisez un niveau à bulle ou laser pour contrôler régulièrement l’horizontalité du fond de fouille, des coffrages et du béton coulé.
Une fondation inclinée ou irrégulière peut créer des déséquilibres dans la structure à venir.
Mieux vaut prendre le temps de corriger une pente que de compenser plus tard avec des murs tordus !
⏳ Bien respecter les délais de séchage
Le béton a besoin de temps pour durcir correctement. Respectez les 28 jours de séchage réglementaires avant toute construction.
N’accélérez pas le processus : marcher dessus, poser un mur ou couler une dalle trop tôt peut compromettre la solidité de l’ensemble.
Rappel : quel type de fondations choisir selon votre projet ?
Le choix des fondations dépend principalement de deux facteurs : la nature du sol et le poids de la construction à venir. On distingue deux grandes catégories : les fondations superficielles et les fondations profondes.
Les fondations superficielles
Ce sont les plus couramment utilisées dans les projets de construction individuelle : fondation de maison, garage, extension, mur, etc...
Elles conviennent lorsque le sol est stable et homogène sur les premiers mètres de profondeur.
On distingue plusieurs types :
• les semelles isolées : elles sont utilisées sous des poteaux ou des points porteurs ponctuels ;
• les semelles filantes : tranchées remplies de béton armé, elles sont placées sous les murs porteurs. Idéales pour une maison ou un garage ;
• le radier : il s’agit d’une dalle en béton armé qui couvre toute la surface de l’ouvrage. Recommandé lorsque le sol est peu porteur ou hétérogène.Les fondations profondes
Elles sont utilisées quand le sol en surface est trop meuble, instable ou compressible, et qu’il faut aller chercher un sol plus résistant en profondeur (souvent au-delà de 2 m).
On retrouve deux grandes techniques :
• les puits : forages remplis de béton, parfois ferraillés, réalisés à la main ou à la tarière ;
• les pieux : éléments préfabriqués ou coulés en place, les pieux sont enfoncés dans le sol à grande profondeur. Ils peuvent être en béton, en acier ou en bois.Vous l’aurez compris : réaliser des fondations solides, c’est possible… mais cela demande de la rigueur, de l’anticipation et des outils adaptés !
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