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La réglementation des fondations et murs porteurs

Le guide complet pour vos projets de construction et de rénovation

La construction ou la rénovation d’une maison implique de respecter un ensemble de règles strictes, notamment en ce qui concerne les fondations et les murs porteurs.

Essentiels à la stabilité du bâtiment, ces derniers doivent en effet faire l’objet d’études préalables, respecter les normes de construction et de rénovation ainsi que les réglementations locales. Comment s’y retrouver ?

Dans ce guide complet, retrouvez toutes les informations à connaître sur la réglementation des fondations et des murs porteurs, pour des travaux conformes et réalisés en toute sérénité !

Les règles, obligations et démarches concernant les fondations et structures porteuses

Le point sur les réglementations générales pour vos travaux de construction et de rénovation

Le code de la construction et de l’habitation

Le Code de la construction et de l’habitation (CCH) regroupe l'ensemble des règles qui encadrent les travaux de bâtiment en France. Il impose des normes en matière de solidité, de sécurité et de performances énergétiques.

En ce qui concerne les structures porteuses, il fixe des règles de conception et de mise en œuvre précises.

Le PLU et réglementations locales

Le plan local d'urbanisme (PLU) fixe les règles d’urbanisme à respecter dans chaque commune. Il peut imposer des restrictions sur l’implantation, la hauteur et l’emprise au sol des bâtiments.

Il peut également imposer des matériaux spécifiques dans certaines zones, en particulier dans les secteurs sauvegardés. Dans certains cas, il peut limiter le choix de la fondation en fonction du type de terrain.

Dans les communes sans PLU, c’est la carte communale ou le règlement national d’urbanisme (RNU) qui prennent le relais. En particulier, ils peuvent définir les distances minimales entre les constructions et les limites de propriété.

Le permis de construire ou déclaration préalable

Selon l'ampleur des travaux, un permis de construire ou une déclaration préalable peut être requis :

- le permis de construire est obligatoire pour toute construction de plus de 20 m² et pour toute intervention modifiant l’aspect extérieur du bâtiment. En règle générale, les modifications structurelles impliquant des murs porteurs ou des fondations nécessitent un permis de construire ;

- la déclaration préalable de travaux est suffisante pour les constructions ou les extensions plus petites, ainsi que pour les interventions qui modifient la structure interne sans changer l’aspect extérieur de la maison.

En savoir plus sur les autorisations d’urbanisme

Les réglementations environnementales

Les nouvelles constructions doivent respecter la Réglementation environnementale (RE2020), qui impose des critères de performance énergétique et de réduction de l'empreinte carbone des bâtiments. Elle peut impacter le choix des matériaux pour les fondations, les murs porteurs ou l’isolation.

En savoir plus sur la RE2020

Image figurative

Par ailleurs, certaines zones protégées imposent des restrictions spécifiques en matière de protection de la biodiversité : réserves naturelles, parcs nationaux/régionaux, Natura 2000, Zones Naturelles d’Intérêt Écologique, etc.

Pour en savoir plus, vous devez contacter la DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement).

La bonne info

Spécificités en copropriété : en copropriété, toute modification d’un mur porteur nécessite l'accord de l'assemblée générale des copropriétaires. Dans la majorité des cas, le projet de travaux doit faire l’objet d’une étude structurelle et être validé par un bureau d'études techniques.

Zoom sur les fondations

Le rôle des fondations

Les fondations permettent de transmettre le poids du bâtiment au sol, garantissant ainsi sa stabilité et sa durabilité.

Photo de fondations d'une maison individuelle

Elles remplissent plusieurs fonctions très importantes :

- Supporter et répartir les charges : Elles soutiennent le poids de la maison et le transfère uniformément vers le sol . Une mauvaise répartition des charges peut entraîner des fissures ou des problèmes structurels, rendant la maison inhabitable .

- Maintenir la construction en place : Elles agissent comme un ancrage entre la maison et le sol, prévenant les mouvements, les affaissements ou les glissements de terrain . C'est très important lors de catastrophes naturelles.

- Protéger contre l'humidité souterraine : elles peuvent aider à imperméabiliser la maison en empêchant l'eau souterraine de remonter dans les parties inférieures de l'habitation . Dans certains cas, un vide sanitaire peut être prévu pour renforcer cette protection

Les différents types de fondations

La nature du terrain et de la maison impacte le type de fondation à réaliser :

- Les fondations superficielles sont les plus répandues. Elles peuvent prendre la forme d’une semelle isolée, d’une semelle linéaire ou d’un radier ;

- Les fondations semi-profondes ou profondes sont parfois nécessaires pour supporter la charge de la maison. Elles peuvent reposer sur des puits ou des pieux.

Les règlements techniques applicables

La réglementation des fondations

  • L’étude géotechnique

Depuis 2020, la loi Élan impose une étude de sol (étude géotechnique G1) aux constructions en zone argileuse.

L’objectif ? Prévenir les risques de retrait-gonflement des sols.

Par ailleurs, une étude géotechnique de conception (G2) est vivement recommandée pour garantir la compatibilité des fondations avec le terrain.

Photo d'un plan sur une table
  • Les documents techniques

Le respect des normes DTU (documents techniques unifiés) est vivement recommandé pour les fondations. 

Ces derniers précisent les techniques de réalisation conformes :

 - La norme NF DTU 13.1 pour les fondations superficielles ;

 - La norme NF DTU 13.2 pour les fondations profondes ;

 - La norme NF DTU 20.1 pour la maçonnerie de petits éléments (continuité entre fondations et murs) ;

 - La norme NF DTU 21 pour le béton et les ouvrages en béton armé.

Carte des logements en zone innondables
  • Gestion des eaux pluviales et prévention des risques d’inondation

La gestion des eaux pluviales est essentielle pour éviter l’affaiblissement des fondations. 

Des dispositifs comme les drains périphériques sont souvent requis.

Si votre maison se trouve dans une zone inondable, vous devez également vous référer au PPRI (plan de prévention des risques inondation). 

En effet, il peut imposer la surélévation de la construction.

  • Fondations pour une extension ou surélévation

En cas d'extension ou de surélévation, vous devez prévoir une étude de la portance des fondations existantes afin de garantir leur capacité à supporter la nouvelle charge. Veillez également au respect des distances entre les constructions, imposées par le PLU local.

Zoom sur les murs porteurs 

Qu’est-ce qu’un mur porteur ?

Illustration du rôle des murs porteurs

Un mur porteur est une structure essentielle d’un bâtiment. Il supporte les charges verticales de la construction, y compris les planchers et la toiture.

Outre son rôle porteur, il assure la stabilité de l’édifice, sépare les espaces intérieurs et contribue à l’isolation thermique et acoustique.

Les caractéristiques principales d’un mur porteur sont :

- Objectif : Soutenir la charpente, les planchers et la structure générale du bâtiment.

- Épaisseur : Supérieure ou égale à 15 cm dans les constructions modernes, et souvent plus de 20 cm dans les bâtiments anciens.

- Position : Situé souvent en façade extérieure, dans les murs de refend (murs intérieurs porteurs), ou dans les murs de soubassement (partie enterrée).

- Matériaux : Briques pleines ou creuses, blocs de béton, béton armé, pierre, parfois bois ou colombage selon l’époque de construction.

La réglementation des murs porteurs

Plan de maison
  • L’importance de l’étude structurelle

Avant toute construction ou modification d'un mur porteur, vous devez faire réaliser une étude structurelle par un bureau d’études afin de valider les plans d’architecte. 

Indispensable pour garantir la sécurité, elle vérifie la charge supportée par le mur et les efforts de stabilisation. 

Elle encadre également le dimensionnement des poutres ou des IPN en cas d’ouverture ou de démolition.

  • Les documents techniques

Les DTU encadrent la réalisation des murs porteurs. Ils précisent notamment la hauteur et l’épaisseur minimale du mur, ainsi que les caractéristiques des matériaux utilisés :

 - La norme NF DTU 20.1 pour la réalisation des murs en maçonnerie (brique, béton, pierre) ;

 - La norme NF DTU 23.1 pour la construction des murs en béton banché ;

 - La norme NF DTU 31.2 pour les éléments en bois, notamment les murs porteurs en ossature bois.

Illustration d'un mur porteur
  • Chaînage et réglementation en zone sismique

La réalisation de chaînages horizontaux et verticaux (armatures en acier) est nécessaire pour renforcer la stabilité des murs porteurs. Elle suit des règles précises, en particulier dans les zones sismiques :

 - Eurocode 6 (NF EN 1996-1) pour la conception des murs en maçonnerie ;

 - Eurocode 8 (NF EN 1998-1) pour les règles spécifiques en zones sismiques ;

 - les règles simplifiées PS-MI 89 pour les maisons individuelles en zones à aléa sismique faible à fort.

  • Voici la carte de la France représentant les zones sismiques :

  • Carte des zones sysmiques en France
La bonne info

Les Eurocodes constituent un ensemble de 58 normes européennes. Leur objectif ? Harmoniser les méthodes de calcul pour la stabilité et le dimensionnement des différents éléments dans un projet de construction.

    • Résistance au feu et isolation

    Les murs porteurs doivent respecter des exigences en matière de réglementation incendie et de résistance au feu (REI 30 à REI 120 selon la destination du bien immobilier).

    En matière d’isolation thermique et acoustique, c’est la RE2020 qui s’applique. 
     

    • Ouverture ou démolition d’un mur porteur

    L’ouverture ou la démolition d'un mur porteur doit faire l’objet d’une étude structurelle et les plans doivent être validés par un ingénieur en structure. Pour reprendre les charges et éviter un effondrement, l'installation d'une poutre, IPN ou linteau de renfort est souvent indispensable.

    Comment ouvrir un mur porteur

    Nos conseils pour une mise en œuvre conforme et sécurisée

    Faire appel à des professionnels qualifiés

Image figurative

Un architecte, un bureau d'études et des artisans qualifiés garantissent la conformité des travaux. Il est essentiel de choisir des professionnels ayant de l'expérience dans les projets similaires au vôtre. 

Vérifiez leurs références, leurs certifications et assurez-vous qu'ils disposent d'une assurance responsabilité civile professionnelle. 

Dans le cas d’une rénovation énergétique, choisissez un professionnel certifié RGE (reconnu garant de l’environnement) pour bénéficier des subventions et des aides financières.

 À cette étape, n’hésitez pas à demander plusieurs devis pour choisir le professionnel proposant la meilleure offre !

Utiliser des matériaux conformes

Logo NF

Privilégiez les produits certifiés NF pour assurer la qualité et la durabilité de votre bien immobilier. 

Les matériaux conformes garantissent une meilleure résistance aux intempéries ainsi qu’une meilleure isolation thermique et acoustique. 

À noter que dans certaines communes, l’utilisation de produits spécifiques est imposée par le PLU.

Contacter votre mairie

En amont de votre projet, vous devez contacter la mairie de votre commune et vérifier les réglementations locales. En particulier, le PLU (plan local d’urbanisme) vous permet de connaître les règles applicables sur votre parcelle. 

Dans la majorité des cas, il faudra également demander un permis de construire ou une déclaration préalable. Sans oublier les réglementations spécifiques en copropriété ou en zone protégée !

Cette étape de visite à la mairie vous permettra également d’accéder à des conseils sur les aides financières disponibles. 

Vérifier les assurances et garanties

Assurez-vous que votre projet est couvert :

 - L’assurance dommage-ouvrage : obligatoire avant le début des travaux, elle garantit la prise en charge rapide des réparations en cas de défaut affectant la solidité des ouvrages ;

 - La garantie décennale : elle engage la responsabilité du constructeur pendant 10 ans pour tout défaut ou malfaçon compromettant la stabilité du bâtiment.

Effectuer un suivi régulier après les travaux

Photo d'une chantier en construction

Inspectez régulièrement votre maison pour détecter d’éventuelles fissures ou dégradations. 

Un entretien préventif permet d'éviter des réparations coûteuses à long terme. 

Surveillez l’apparition de fissures, d’infiltrations d’humidité ou de déséquilibres de niveau. 

En cas de doute, faites appel à un expert en bâtiment pour une évaluation approfondie.

Nos conseillers en magasin se tiennent à votre disposition pour répondre à toutes vos questions concernant la construction, les fondations et les murs porteurs.